basilique Notre Dame de la Fin des Terres

Basilique Notre Dame de la Fin des Terres : entre oubli et renaissance

Drôle d’histoire que celle de la basilique Notre Dame de la Fin des Terres, qui fut ensevelie par les sables pendant une centaine d’années… mais remontons les siècles pour mieux comprendre.

Tout commence par une goutte de lait…

Plusieurs récits anciens transmis à travers les âges racontent qu’au 1er siècle après J.C., la très pieuse Sainte Véronique aurait rapporté d’un pèlerinage en Terre Sainte, en compagnie de Saint Martial et Saint Amadour, une goutte de lait solidifiée ayant appartenu à la Vierge Marie. De cet épisode serait, selon certains, né le nom de la ville de Soulac : « Solum lac » en latin veut dire « le lait de la Vierge ». La missionnaire aurait ensuite fondé à l’emplacement de la basilique actuelle un oratoire dédié à la Sainte Vierge et serait partie évangéliser la région.
Aucune trace de cet oratoire n’a été retrouvée mais les dimensions importantes de l’édifice religieux qui fut construit ensuite sur le site attestent qu’il était destiné à accueillir un grand nombre de pèlerins et que la dévotion populaire était intense.

Un haut lieu de pèlerinage

Cette ferveur amena les Bénédictins de l’abbaye Sainte Croix de Bordeaux – à qui Guillaume d’Aquitaine, dit Guillaume le Bon, céda les terres de Soulac vers 950 après J.C. « avec l’oratoire de la Sainte Vierge  » – à construire une église à cet endroit. Plusieurs fois remodelée et agrandie au cours des siècles, l’église fut achevée au 12ème siècle.
Elle fut notamment un point d’étape important pour les Jacquets, ces pèlerins du Chemin de Saint-Jacques qui venaient d’Angleterre, de Normandie, de Bretagne, faisaient une halte à Soulac et poursuivaient leur route par Andernos, La Teste-de-Buch, Hendaye et Irun, jusqu’à Santiago de Compostelle.
Au cours des siècles, le site fut visité par les plus puissants, des princes sous l’occupation anglaise, des rois comme Henri 1er, ou plus tard Louis XI qui s’y rendit trois fois, en 1463, 1472 et 1473.

La belle, endormie pendant un siècle

Mais les attaques successives dès éléments rendirent l’église plus fragile. Au XVI siècle, à cause de l’envahissement d’une dune voisine, on relève le niveau du sol de plus de trois mètres. En 1659, l’église est complètement envahie par le sable. Sous  la poussée, la voûte cède près du clocher. En 1744, exaspérés par lés assauts répétés des sables, les habitants de Soulac abandonnent la ville et se replient 2 km plus au Sud. Ils y fondent une nouvelle ville qu’ils baptisent « Jeune Soulac » et construisent une nouvelle église en utilisant certains éléments de l’ancienne.

La « belle endormie » va alors rester ensevelie une centaine d’années sous les sables. Seul son clocher visible de loin servira de balise à la navigation.

Après l’oubli, la renaissance…

En novembre 1858, le Cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, lance une souscription pour le désensablement et la reconstruction de l’église. Les travaux, menés par l’architecte Charles Durand, vont durer jusqu’à 1864. Ils sont poursuivis en 1909 avec la reconstruction des absidioles par l’architecte Sapine. Mais la situation en contrebas de l’édifice et l’infiltration souterraine des eaux provoquent au fil des ans des inondations successives qui imposeront, dans les années 50 d’importants travaux de canalisation et de pompage.

Ces remodelages constants ont permis à l’église de retrouver la majesté qu’elle avait autrefois.
Orientée vers l’Est, c’est à dire, comme toutes les anciennes églises, vers le soleil levant, la basilique Notre Dame de la Fin des Terres est caractérisée par le style roman saintongeais et poitevin. Sa qualification de « basilique » n’a aucune signification ecclésiastique : elle est due à sa taille imposante (44 mètres de long !) et à sa fréquentation importante.

Et la reconnaissance mondiale

Lorsque le visiteur franchit la porte de l’église, il est particulièrement frappé par la différence de niveau avec l’extérieur : il doit descendre dix marches avant de fouler le sol… qui, en réalité, a été rehaussé de 3m60 par rapport au dallage d’origine. Ce qui déstabilise le regard : certaines fenêtres sont à ras le sol,  des arceaux émergent à peine du dallage, les colonnes n’ont pas de base visible…

Le visiteur admirera en particulier les beaux chapiteaux qui représentent des végétaux (feuilles d’acanthe, volutes) ainsi que des scènes bibliques. Il parcourra l’imposante nef jusqu’au chœur, lui-même formé d’une abside prolongée par deux absidioles. Dans la partie de droite est conservé la châsse qui contiendrait les reliques de Sainte Véronique.

Près de l’autel, une jolie vierge à l’enfant en bois polychrome, sculptée par Fournier, tient un navire à voiles dans la main gauche et veille sur les marins…

Considérée comme l’un des plus beaux édifices de la Gironde, la basilique Notre Dame de la Fin des Terres peut se vanter d’une double distinction : classée monument historique le 20 juillet 1891 et au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1998.

Plusieurs éléments de cet article ont été puisés dans la note écrite par D Laroze « Basilique de Soulac : Son histoire – Guide pour la visite », disponible à la Villa Laurion.

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