port de Talais

Une halte dans le temps, dans le petit port de Talais

À une dizaine de kilomètres de Soulac, le charmant petit port de Talais accueille les touristes pour une dégustation de produits locaux : huîtres, crevettes, magrets… l’occasion de découvrir cette belle étendue de terre plate entrecoupée de chenaux, polders et mattes.

Un paysage ancré dans l’histoire

paysage Médoc

Le paysage plat qui s’offre à la vue des visiteurs ne montre pas au premier abord son ancrage dans l’histoire.

Pourtant, deux tumulus – tombes faites de pierres et de terre – datant de l’époque gallo-romaine ont été découverts il y a quelques années, à proximité de la petite commune de Talais (environ 750 habitants) . Le nom de la ville de Talais signifie d’ailleurs « pillage » ou « ravage » en celte car la zone était située sur la route des invasions normandes.

Jadis, le site se trouvait sur une île, au milieu de l’estuaire, mais le déplacement naturel des eaux du fleuve a entraîné au fil des siècles une modification profonde du paysages. La zone était jusqu’au XVème siècle très marécageuse et parmi les plus insalubres du Médoc.

Les marais sont asséchés au XVIème siècle

maraisEn 1599, le roi Henri IV décide d’aménager cette zone marécageuse pour des raisons de salubrité publique (nombreuses épidémies, notamment le paludisme, aussi appelé « fièvre des marais »), et fait appel au savoir-faire des Hollandais pour des travaux d’assèchement.

Les marais sont alors progressivement transformés en terres pour l’élevage, la culture de la vigne et des arbres fruitiers. Les terres les plus proches de l’estuaire sont transformées en marais salants et en prés salés (ou schorres), inondées par les eaux mélangées de l’océan et du fleuve lors des hautes marées.

En 1838, la construction d’une digue et d’un réseau hydraulique permettent de protéger les champs de cultures. L’élevage des huîtres – qui trouvèrent en ce lieu les conditions idéales pour proliférer – fit la prospérité de Talais jusque dans les années 1970 et employa jusqu’à 2000 personnes… Mais l’aménagement industriel du port du Verdon provoqua l’envasement des parcs, et la présence dans l’eau de cadmium, un métal lourd provenant de l’exploitation minière en Aveyron, mirent fin à l’ostréiculture dans les années 1980.

La renaissance du petit port de Talais

huîtres
Source image Pixabay – photo-graphe CCO

Aujourd’hui, les terres bordant l’estuaire (mattes) sont cultivées par les céréaliers. Grâce à l’aménagement des berges, à l’installation d’une écluse et à un dragage semestriel, l’élevage des huîtres a repris en 2014 et le secteur est fier d’être déjà producteur de naissain. Certains ostréiculteurs soulignent d’ailleurs la qualité gustative des huîtres affinées dans les mattes.

Dans le petit port de Talais, les cabanes de pêcheurs ont été réhabilitées, les murs ont été repeints de blanc, les volets et les portes de couleurs pimpantes, faisant de ce lieu pittoresque une agréable destination. À la belle saison, les cabanes se transforment en stands et proposent une petite restauration : huîtres bien sûr, mais aussi palourdes, crevettes, coques, gambas et magrets…  Chaque année, le deuxième samedi de juillet, la Fête de l’Huître attire de nombreux touristes qui viennent aussi se régaler des produits du terroir.

port de TalaisLa vocation touristique du port est aujourd’hui essentielle pour l’activité économique locale. Des petits bateaux de pêche ou de promenade de moins de 10 mètres sont accostés le long du port et il y fait bon flâner par une belle fin de journée ensoleillée.

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